20apr 2020
Interview à Defustel Ndjoko, dandy et icône de style
Passion, discipline et créativité au service de la mode

Quand je l'ai connu à la 97e édition du Pitti Uomo, à Florence, j'ai immédiatement saisi ce que signifie être élégant dans le ADN. Oui, parce que Defustel Ndjoko né en Afrique, dandy ayant une renommée internationale mais surtout opinion leader dans l'univers de la mode, incarne le style d'une personnalité forte et décidément unique (1 - 2 - 3). Bien sure, rien n'arrive par hasard et après avoir travaillé pour longtemps dans des conditions épouvantables et quitté le Cameroun à l'âge de 25 ans pour poursuivre ses rêves entre la Belgique et l'Italie, maintenant est une icône mondiale: il crée des tendances, il travaille avec des illustres maisons de mode soit comme testimonial, soit comme trait d'union avec le marché africain. Je l'ai contacté à Bruxelles où il vit avec sa famille en quarantaine pour mieux connaître sa vie qui parait un film. En effet, comme il aime affirmer, une vie faite de "passion, patience et persévérance". Où la détermination est tout. Et l'éthique tant bien: avec l'homme au centre, comme lui même le souhaite pour la mode du futur.  

 

 

Tu es un dandy, designer et icône de classe désormais très connu dans le fashion system, parle-nous de ta vie avant de devenir ce que tu es au present...

Bonjour Claudia, d’abord merci de me donner la possibilité de m’exprimer à travers votre célèbre magazine.

Donc... Je suis né, j’ai grandi et je suis allé à l’école dans un village du Cameroun appelé Baham. Je n’ai pas eu l’opportunité de faire de longues études à cause d’une situation de vie très très précaire. C’est pour la même raison que je me suis retrouvé à la capitale Yaoundé pour vendre sur le marché afin de subvenir à mes besoins élémentaires. Finalement avec l’aide de mes frère, j’ai immigré pour la Belgique et là j'ai commencé a "construire ma vie" qui, essentiellement, consistait en trois choses: fonder une famille, aider et inspirer ma communauté et tracer ma route dans l’industrie de la mode.

 

Où est ce que tu vis aujourd'hui? Et, en période "normale", comment se déroule ta journée type?

Je vis à la campagne Belge. En période "normale" je suis à Milan, à Florence (4) ou encore à Naples pour travailler sur des collections en partnership. Mais je m'occupe aussi des produits potentiellement interessants pour le marché Africain. Et, naturellement, je voyage bcp pour participer aux Salons ou événements du fashion system dans le monde.

 

Ton rapport avec les maisons de mode, pourquoi choisissent t'elles comme partner?

Les maisons de mode avec les quelles j’ai collaborée sont extraordinaires. Vous savez, je suis une personne très courtoise et fidèle et il est très facile pour moi d'entretenir  de bons rapports avec les gens. Au present, j’ai déjà travaillé en co-branding avec 6 marques italienne. Quelques exemples? Fabio Zanforlini pour les sacs, Roberto Lucchi pour les chapeaux etc. Généralement ce sont les brands qui me cherchent, soit pour ma façon d'être, soit pour le fait que j'"incarne" un pont avec le marché africain. Il faut préciser que généralement je travaille avec des marques de luxe (5 - 6) car j’essaie aussi de renvoyer une image assez élégante de ma personne.

 

Tu ne manques jamais les rendez-vous parmi les plus importants dans le monde, je pense au fashion week à Milan, à Paris ou à Florence avec Pitti Uomo... tu crois que tous ces "plat-formes" précieuses pour le business changeront post Coronavirus?

Je penses que il y aura un retour progressif à la normal. Mais les gestes le plus naturels prendront du temps à revenir. Par contre, le business reprendra le dessus à moyen terme car le luxe reste quand même une valeur refuge. Une chose est sure... l’industrie maintenant est consciente de l’ultra domination du marché chinois: une diversification ou une relocalisation des sites de production sera un enjeu important pour le futur.

 

Bref... la mode de demain selon toi?

La mode de demain doit être de plus en plus éthique, doit assumer ses responsabilités sociales (il suffit de voir Mr Brunello Cucinelli...) et doit mettre l'homme au centre de sa stratégie de développement.

 

Et coté Afrique? Ton engagement soit comme "créateur", soit comme individu qui connait la solidarité?

Mon engagement sur le Continent se déroule de diverses manières. D’abord à travers la Fondation Defustel, nous soutenons différentes causes dans plusieurs pays de l'Afrique comme, par exemple, des centres pour handicapés. Mais on s'occupe aussi d'accroître les capacités des jeunes filles et, last but not least, on soutient la section mode d’un lycée à Baham au Cameroun. Maintenant à travers le "Defustel Sartorial Week", fashion moment qui se tient au Cameroun, nous promouvons les jeunes designers. Je sais bien que je suis un modèle pour la jeunesse du continent Africain et autre. Voilà pourquoi je sent la responsabilité d’aider ceux qui me sollicitent.

 

Tu veux dire quoi à tous ces jeunes qui viennent d'investir de l'argent dans un projet lié à la mode et qu'ils sont malheureusement en "stand by" et risquent de perdre bcp?

D'abord je dirais aux jeunes qu’avant d’investir dans la mode (mais c’est valable pour tous) il faut '"étudier" l’industrie, comprendre le marché et le fonctionnement de l’univers fashion. Ce là signifie être passionné, patient et persévérant. Mais surtout il est important de s'engager dans un segment à la fois (tee-shirts, chemises, chaussures ou autres). Absolument pas le total look pour commencer. C'est moins risqué.

 

Le livre que tu es en train de lire?

Actuellement je suis en train de lire "L’éternel Masculin" de Bernhard Roetzel. Un livre qui parle de la mode masculine, et plus particulièrement de l’élégance dans la mode masculine, en expliquant la genèse historique de chaque élément du vestiaire. C’est vraiment un must have de l’univers Homme que je conseil à tout les gentlemen.

 

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Photo Credits

Photo 1 : gianfranco gori
Photo 3 : gianfranco gori
Photo 4 : gianfranco gori
Photo 6 : gianfranco gori

SPUNTI DI VISTA

EDITO

Il tempo per ripensare alle nostre vite è arrivato. Per forza, per scelta e magari anche per fortuna. Il nostro modo di spostarci, di consumare, di trascorrere le vacanze, di fare shopping. E, naturalmente, di rivedere casa, unico vero rifugio in un futuro ancora molto incerto. Vince la semplicità, la convivialità, la sicurezza, l'utile e meno il dilettevole o il superfluo. Così al via le ferie vicino a dove abitiamo: Il 93% degli italiani durante l’estate 2020 sceglierà come meta l’Italia, la percentuale più eleva...